Jean Teulé photographié par Fabrice Poincelet

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  • Sur son oeuvre en bande dessinée

    Entretien avec Thierry Groensteen, en 1987


  • Les Cahiers de la bande dessinée #74 - mars-avril 1987

    Les Cahiers : On pourrait partir d’une phrase que tu as prononcée lors d’une précédente interview et qui définit bien tes ambitions : « La BD doit être le véhicule d’une émotion qui passe »...

    Teulé : Pas con, ça ! Je ne retire rien de ce que j’ai dit. La bande dessinée traditionnelle m’ennuie parce qu’elle ne produit pas d’émotion. A part quelques auteurs que j’aime beaucoup et dont la plupart sont devenus des amis, tous les autres racontent le même genre d’aventures stéréotypées qui ne sont même pas du niveau de la pire série télévisée. Comme c’est de la BD, ça passe pour des chefs-d’œuvres, c’est recouvert de prix et encensé par tout le monde... Pour moi, ça n’a strictement aucun intérêt. Faire de la BD, c’est parler à des gens, faire passer des idées, des sentiments, s’investir en tant que personne et pas seulement comme technicien du crayon...

    Alors, je te cite une déclaration ancienne de Tardi : « La bande dessinée fonctionne très bien au niveau des scènes d’action, du mouvement. Mais les sentiments ?... Au cinéma, la plus mauvaise actrice filmée en gros plan peut éveiller des émotions ; alors qu’un dessin en gros plan d’Adèle Blanc-Sec, par exemple, ça reste froid, on ne s’y attarde pas. » Je suppose que tu n’es pas d’accord avec lui ; et pourtant, si tu utilises la photographie, est-ce que ce n’est pas aussi pour donner à tes histoires un « supplément de présence » charnelle par rapport aux bandes DESSINÉES ?

    Tardi a tort. Il n’y a pas de bons et de mauvais médias. La bande dessinée, c’est un langage, un instrument. Autant dire : on ne peut pas faire passer d’émotion en parlant chinois, ou en écrivant au stylo-bille ! Tout dépend de ce que l’on a à dire et de la manière dont on le dit. Je ne prétend pas que j’y arrive toujours !... Je l’ai déjà dit souvent : si j’utilise la photo, c’est que j’estime qu’il faut se servir des outils de son époque. C’est dommage de se contenter encore d’un crayon et d’une feuille de papier alors qu’on dispose de nouveaux outils pour créer des images. La vidéo et l’informatique m’intéressent pour la même raison.

    A quoi bon continuer à s’écrire quand on a le téléphone ?

    Absolument. Je n’écris jamais, d’ailleurs. La dernière fois que quelqu’un a reçu une lettre de moi, ça remonte à bien longtemps....

    Tes bandes révèlent pourtant un goût très prononcé pour la musique des mots...

    Oui, c’est vrai qu’écrire peut être agréable ! Mes plus grandes joies, c’est quand j’ai l’impression d’avoir trouvé une phrase bien faite ; mais ce genre de plaisir, je l’éprouve aussi dans le langage parlé... D’ailleurs, je ne lis plus du tout de littérature, seulement des livres qui m’apprennent quelque chose sur un sujet précis. Je veux qu’un bouquin m’apporte un certain savoir, un peu comme les livres de classe. Lire les aventures de quelqu’un qui n’a jamais existé, ça ne m’intéresse plus. Souvent les gens disent qu’ils trouvent dans les livres les réponses sur la vie, sur la mort, etc. Ce n’est pas vrai ! Ceux qui écrivent des livres - moi comme les autres - sont eux-même en proie au doute (et peut-être plus que les autres), sans quoi ils n’écriraient pas.

    Pourquoi crois-tu que les gens te lisent ?

    Je n’en sais rien du tout. Je trouve ça miraculeux qu’il y ait des gens qui s’intéressent à ce que je fais. Cela dit, écrire ou dessiner, comme parler, s’habiller, etc., sont des entreprises de séduction. A chacun de mes bouquins, j’essaie de plaire. Quand je m’acharne sur une image pour qu’elle soit belle, c’est comme si je faisais un cadeau aux lecteurs...

    Tu reçois beaucoup de lettres ?

    Oui, pas mal. Ce sont toujours des avis très positifs, parce que seuls les gens qui aiment bien mes bouquins pensent à m’écrire. Je me reproche de ne pas répondre à la plupart... J’avais moi-même écrit à Léo Ferré à l’âge de quatorze ou quinze ans, et j’avais été très mortifié de ne pas recevoir de réponse.

    Est-ce que les femmes ne comptent pas pour une part importante de ton lectorat ?

    C’est vrai, on dirait que mon travail touche davantage les femmes. Ça me convient très bien...

    On peut se demander si leur intérêt est dû au contenu de tes récits, qui parlent surtout d’amour, ou s’il est suscité par ta technique. On sait que les femmes s’intéressent moins aux bandes dessinées, mais qu’elles sont à peu près seules à lire des romans-photos...

    Je ne sais pas, je n’ai pas d’explication à donner. Je pense que ça s’explique surtout par le ton des histoires...

    Dans la mesure où tu as suivi une formation en dessin assez poussée, et sachant que tu as fait de l’illustration, est-ce que ce n’est pas une coquetterie de ta part, ou une provocation, de faire croire que tu ne sais pas dessiner ? Tu as avoué à Yves Frémion que tu dessinais souvent de la main gauche, alors que tu es droitier...

    Effectivement, à l’école de la rue Madame, j’étais premier dans toutes les disciplines du dessin. Bien sûr, j’ai appris à dessiner très convenablement. Comme ça fait un moment que je ne dessine plus, il me faudrait quelques mois de réapprentissage pour revenir au niveau des autres dessinateurs de BD, mais je suis persuadé que ça me serait possible... La vérité, c’est que le dessin ne m’intéresse plus. Je ne fais jamais le moindre gribouillis pour le plaisir... Mon truc, c’est vraiment de raconter des histoires. Je me souviens que j’avais amené à la rédaction de l’ECHO une version préparatoire, entièrement dessinée, d’une de mes bandes. Got avait vu ça et il s’était écrié : « Mais tu sais dessiner, alors ! Tu devrais publier l’histoire comme ça.... » J’avais eu beaucoup de mal à lui faire comprendre que je n’en avais pas la moindre envie... Là, depuis quelques temps, j’ai pourtant des démangeaisons du côté de la peinture....

    D’où l’abandon du coloriage sur « bleus » au profit des couleurs directes ?

    Oui. Les bleus ont toujours été coloriés par Zazou, alors que les couleurs directes, c’est mon affaire. Je mélange tout : aquarelle, gouache, crayons de couleur, acrylique, eau de javel, n’importe quoi.

    Tu as raconté précédemment que la plupart du temps, tu ne cherchais pas des gens pour incarner un scénario, mais que le scénario t’était inspiré par les gens eux-mêmes. Tu laisses au hasard le soin de te faire rencontrer tes futurs « héros », ou est-ce que tu provoques ces rencontres et de quelle façon ?

    Je m’en remets aux hasards de la vie. Par exemple, je dinais hier soir chez Bilal, et il y avait aussi Sabine Azéma et son mec. Et bien, le mec de Sabine m’a fait rigoler, et j’ai découvert en lui un personnage éventuel.

    Le sujet de Sita-Java était une idée à toi ou à Gourio ?

    C’est une idée qui m’est venue en écoutant un type dont la mère était concièrge de HLM. Il me racontait que tous les dimanches, il allait aider sa mère à sortir les poubelles des immeubles, et qu’à chaque fois, au même endroit, il trouvait deux ou trois fringues appartenant visiblement à la même fille. Lui, il les ramassait et les passait à ses copines. Petit à petit, il imaginait à quoi ressemblait cette fille qu’il n’avait jamais vue. J’ai trouvé que c’était une bonne idée de scénario et je l’ai soumise à Gourio, qui est le rédacteur en chef de ZÉRO, pour qu’il y travaille avec moi. Il a un grand talent de dialoguiste et j’avais envie de voir ce qu’il allait faire de ce sujet. C’est seulement pendant qu’on bossait sur le bouquin que j’ai appris l’existence de Jean Gouhier, professeur en « rudologie » (étude scientifique des déchets) à l’Université du Mans. On lui a demandé d’écrire la préface. Je continue à penser que Sita-Java était un très bon bouquin, avec un sujet original, et je ne comprends pas qu’il n’ait pas mieux marché.

    Et pour Bloody Mary, ça s’est passé comment ?

    Vautrin avait pensé à moi pour adapter son bouquin en BD, et il m’avait contacté via l’attaché de presse de L’ECHO DES SAVANES. J’ai commencé par dire non, mais j’ai tout de même lu le roman et je l’ai trouvé vachement bien. Il y avait un mélange de brutalité et de sensibilité que j’aimais bien, et puis ça traitait de la banlieue qui était alors un de mes thèmes préférés. Donc, j’ai revu ma position et on s’est mis à travailler ensemble à l’adaptation, moi faisant des propositions et Vautrin les corrigeant quand il le jugeait bon. Je ne voulais pas qu’il puisse avoir le sentiment d’être trahi. Après, on a commencé une série de récits complets, Epoxy blue. Vautrin a écrit un paquet de scénarios, mais après avoir illustré les trois premiers, je n’ai pas eu envie de continuer.

    A t’entendre, on dirait que la banlieue ne fait plus du tout partie de ton univers....

    Ça a cessé de m’intéresser quand les gens d’ACTUEL ont commencé à en parler d’une façon détestable, très snob, en disant « on est allé chez les zoulous de telle ou telle municipalité pourrie, quel grand frisson on a pris »... Je me suis dit que je ne devait plus toucher à la banlieue. Désormais, mon truc sera la province....

    Je suis surpris de t’entendre cracher sur ACTUEL, parce que tes reportages s’inscrivent dans la tradition du soi-disant « nouveau journalisme » qu’ils ont contribué à populariser, où le journaliste se met lui-même en scène...

    Oui, c’est vrai qu’ils ont parfois fait des choses bien dans la forme, sauf que leurs reportages à eux sont bidons, et je trouve ça insupportable ! Moi je ne raconte que la vérité, mais je la raconte comme si c’était une fiction.

    Depuis un an, tu ne fais plus que des reportages. La fiction, la vraie, ne t’intéresse plus ?

    Non, je ne crois pas que je vais me remettre à la fiction. Comme je n’aime pas lire celles des autres, il n’y a pas de raison pour que je leur impose les miennes... Je pense même arrêter un jour tout à fait la BD. Ce jour-là, je réunirai tous les originaux qui me restent (j’en ai jeté beaucoup) dans une galerie et je les mettrai en vente. Au bout de huit ou quinze jours, je foutrai au feu tout ce qui n’a pas été acheté. Un peu comme ces types qui vendent des assiettes sur les marchés, et qui en jettent des piles par terre quand les gens ne s’y intéressent pas.

    Et que feras-tu après avoir enterré ta vie d’auteur de BD ?

    Sans doute de la vidéo. Ou n’importe quoi.... On peut tout faire dans une vie. Je suis venu à la bande dessinée un peu par hasard et, à part chanter ou jouer de la musique, j’ai l’impression que je pourrais tout faire.

    Pour en revenir aux reportages, il y avait déjà quelque chose de cet ordre dans Filles de nuit, puisque tu montrais des personnes réelles dans leur propre rôle...

    Absolument. Dans les reportages, ce sont les gens qui m’intéressent. J’aime bien les rencontrer, et raconter ce qui c’est passé entre eux et moi, y compris les embrouilles qui ont pu surgir... Je raconte tout, avec les vrais noms, les vraies dates, les vraies adresses. D’après les premières réactions, les lecteurs d’(À SUIVRE) semblent très bien accrocher aux reportages.

    A l’époque où tu publiais des illustrations dans AVANT-GARDE et VIE OUVRIÈRE, tu étais inscrit aux jeunesses communistes. Quelle place tient la politique dans ta vie actuelle ?

    Mon père était communiste, et comme c’était un type super, je me disais : si c’est ça être communiste, vivent les communistes ! Aujourd’hui, je n’ai vraiment plus rien à foutre de la politique, mais je reste quand même résolument un type de gauche.

    Dans un de tes reportages paru dans (À SUIVRE), tu cherchais à réhabiliter un peintre pompier, « Monsieur Baudoüin ». En général, quand tu fais des citations picturales, il s’agit soit de Van Gogh, soit de pompiers. Côté littérature, on t’a vu citer Taine et Voltaire - mais aussi Rimbaud. Dans l’ensemble, tes références culturelles semblent plutôt académiques...

    D’abord, je suis un fou de peinture et j’adore les musées. Je ne vais jamais dans une ville de province sans visiter le musée local. Ensuite, quand on va au Musée d’Orsay, sur la quinzaine de Cézanne exposés, il y a trois chef-d’œuvres mais le reste, ce sont des croutes ! Pareil pour les Renoir et les Van Gogh, et c’est normal : je ne vois pas pourquoi on ne raterait rien parce qu’on s’appelle Van Gogh. A côté de ça, chez les pompiers, je trouve plein de choses marrantes, bien foutues, avec de très belles femmes. Je prends mon pied de ce côté-là aussi, alors pourquoi passer cette peinture sous silence ?
    Taine et Voltaire, c’était plutôt pour frimer. Je ne prétendrai pas que j’ai lu leurs œuvres complètes ! Rimbaud, par contre, j’en suis fou : je vais bientôt faire le pélérinage de Charleville-Mézières avec un copain journaliste. Avec Picasso et Vinci, Rimbaud est l’une des personnes que je regretterai toute ma vie de n’avoir pas pu rencontrer. S’il y a un paradis, j’aimerais bien être dans leur coin.... Pour en finir avec ce sujet, je n’ai pas une grande culture. Je me couche très tard et je me lève très tôt, mais je ne trouve pas le temps de me cultiver. Je ne sais pas comment font les gens qui sont toujours au courant de tout. Mais en fait, je n’ai pas besoin d’être cultivé : j’ai des amis qui le sont, et quand j’ai besoin d’un renseignement, je leur demande.

    Ton reportage sur les requins qui s’agitent déjà autour du futur cadavre de Salvador Dali n’a pas dû être facile à réaliser. Les gens que tu veux rencontrer te prennent au sérieux lorsque tu leur parle de « journalisme en bandes dessinées » ?

    Je leur mens, je dis que je fais une enquête pour un ministère ou pour une revue de défense de consommateurs. Quand je vais voir un type qui est très à droite, je lui dit que je travaille pour LE FIGARO, si c’est un communiste je me réclame plutôt de L’HUMANITÉ. Ce jeu du chat et de la souris m’amuse et ne m’a pas valu d’ennuis jusqu’à présent. Je suis suffisamment menteur et faux-cul pour que ça se passe bien.

    Ne serait-il pas intéressant que tes BD-reportages paraissent dans de véritables revues d’information, comme LE NOUVEL OBSERVATEUR, L’EXPRESS ou L’ÉVÉNEMENT DU JEUDI ?

    J’aimerai bien ça, oui. J’ai fait quelques vagues tentatives dans ce sens qui n’ont pas abouti. Mais il faudrait que ces magazines m’offrent une liberté de parole équivalente à celle que je dispose dans ZÉRO et dans (À SUIVRE), ce qui est loin d’aller de soi. Pour ZÉRO, l’un de mes premiers reportages était consacré à l’enterrement de Gaston Defferre. A Marseille, tous les journalistes que j’ai rencontrés m’ont raconté des trucs incroyables sur Defferre, de quoi écrire des papiers formidables, mais ils n’ont rien laissé filtrer de tout ce qu’ils savaient. A l’arrivée, leurs reportages étaient tous plus ennuyeux et insipides les uns que les autres. Il y a une autocensure terrible dans ce milieu, ça me tue, ça ! En plus, c’est insultant pour le lecteur. Donc, je serais d’accord de bosser pour LE NOUVEL OBS, mais à la condition d’avoir carte blanche. Et je te jure que je ne mollirais pas !

    En fait, tes reportages sont surtout constitués de propos rapportés. Tu reproduis ce que les gens t’ont dit, tu commentes éventuellement, mais tu ne vérifie pas l’exactitude de leurs informations...

    Non, parce que ce qui m’intéresse, c’est moins LA vérité que LEUR vérité. Même si je sais que leurs propos sont truffés de mensonges, je les rapporte tels quels. Je ne m’engage pas personnellement, je précise « on m’a dit que... » Et si je joue au naïf, je m’arrange en même temps pour faire sentir que je ne suis pas dupe.

    On ne trahira pas un secret en disant que tu ne fais pas partie des dessinateurs qui vendent des millions d’albums. Mais ton travail paraît en traduction dans de nombreux pays, et notamment aux Etats-Unis où pourtant la BD française pénètre très difficilement...

    Oui, Neal Adams a publié un paquet de pages à moi, et HEAVY METAL a passé Filles de nuit d’un seul coup. Cela dit, il est certain que ça me ferait plaisir de toucher un plus large public en France, mais je ne prends pas au tragique le fait que mes albums se vendent peu. Je me suis aperçu que dans les milieux du cinéma, de la vidéo, de la chanson, on connaît bien ce que je fais. J’en déduis que mon public potentiel se trouve ailleurs que parmi les fanatiques de la bande dessinée. En attendant, j’ai la chance incroyable de faire ce métier et d’en vivre, je trouve la vie parfaite !

    Il y a eu ce film, J’arrive, que tu as réalisé en collaboration avec Jean-François Gallotte. Il n’a toujours pas été diffusé ?

    Il en passe des petits bouts de temps en temps dans l’une ou l’autre émission, mais la version intégrale n’a jamais été diffusée parce que ces connards de FR3 l’ont censurée.

    Pour quel motif ?

    Soi-disant pour « perversité ». Dans le film, le ton est exactement le même que dans mes BD. Ils ont eu peur quand ils ont vu bouger « pour de vrai » ces images qu’ils connaissaient pourtant déjà ! Mais depuis, j’ai fait d’autres petites choses pour Canal+, et je travaille maintenant sur un projet de série vidéo dont je serai scénariste et réalisateur. Ce seront des reportages comme dans (À SUIVRE) et ZÉRO. Je ne serai pas entouré par toute une équipe de télévision : je travaillerai seul, avec la caméra au poing.

    Et bien, nous allons nous quitter sur cette certitude : tu es bien l’auteur le plus pervers de la BD contemporaine...

    Propos recueillis le 13 février 1987 par Thierry Groensteen et retranscrits par un utilisateur anonyme sur ce forum

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