• L’ILLUSIONNISTE

  • Format 12 X 19 cm
    256 pages
    ISBN 2-910946-57-6

  • publication : 25 août 2006

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    L’auteur s’adresse ici à la femme de son amant pour lui faire le récit de la passion amoureuse qu’elle vit avec son mari. Toute son histoire avec cet homme « laid » est ainsi livrée, dans les moindres occurrences, à destination de cette inconnue, cette rivale ; telle qu’elle la vit dans la solitude de l’amante invisible : la séduction, les étreintes réitérés, l’espérance, la douleur... L’écriture y est vive, sensuelle et d’une remarquable acuité, d’autant plus remarquable que l’auteur devra, au moment d’inscrire le mot fin à son récit, se résigner à en payer le prix fort dans sa chair...

    « Il serait véritablement hasardeux et à coup sûr réducteur de ramener le livre de Virginie Cady à la seule dimension d’une histoire d’amour.
    Pourtant il n’est bien question que de cela. Une femme rencontre un homme, une (très) lente cristallisation stendhalienne, la séduction qui finit par opérer, puis les corps qui se rejoignent au-dessus des conventions, des engagements pris par ailleurs avec d’anciens amours pétrifiés dans la gangue du mariage. Des corps où la puissance du désir de l’un va capturer le désir de l’autre. Le plaisir, une jouissance physique déferlante qui finit par faire sens, qui embrase l’imagination, qui finit par être signifiant, un plaisir des corps, aban-don de soi qui se synthétise dans la formule habituelle je l’aime, il m’aime, nous nous aimons.
    Alors, évidemment il y a une forte tentation à voir dans l’illusionniste une histoire d’amour. Mais Virginie Cady avec une scrupuleuse probité qui confine à la séduction nous met pourtant en garde. Elle s’adresse à l’épouse de l’homme qu’elle aime. Elle raconte les faits, rien que les faits. Les phrases sont courtes, les mots justes et précis. C’est sur le même ton et animé de la même intension informative qu’elle décrit les moments où son corps transpire de plaisir sous le corps de son amant et le souci qu’elle garde de ne pas blesser l’homme qui fut son amour et n’est plus désormais qu’un mari. Ce style transparent et brutal sans volonté de l’être nous entraine dans une spirale inquiétante. De quelle nature est cet amour ? Quels sont les ingrédients qui entrent dans sa composition ? Des indices parcourent le récit tous sincères, tous contenant une petite parcelle de lumière mais aucun n’éclaire le mystère de cette alchimie. Oui, il y a des blessures narcissiques chez cette jeune femme trop belle pour avoir été autorisée à vivre pour elle –même, bien sûr il y a du mâle bancal et incertain chez cet amant priapique, destructeur du nid des autres. Ces clés, trop nombreuses nous alertent, elles n’ouvrent pas les bonnes portes et finalement nous nous retrouvons entrainés à suivre cette jeune femme dans un chemin dont tout nous dit qu’elle s’élève dans sa chute ou qu’elle se décompose dans sa construction.
    Puis arrive le moment où normalement les masques tombent, où les vérités de l’un et de l’autre se dévoilent. A force de faire l’amour vraiment d’amour une promesse d’enfant arrive et déploie un sens possible à cette relation innocente (dans l’acception étymologique du terme). Nous, toujours pauvres lecteurs-accompagnateurs nous nous rattachons une dernière fois à la longue tradition des histoires d’amours adultères. Il va tout quitter pour sa maîtresse, il va abandonner sa maitresse et elle élèvera seule son enfant, elle avorte mais cette blessure, ce sacrifice ultime à la lâcheté de l’homme marié brise définitivement le décor et chacun reprend sa route.
    Mais nous devinons confusément que les formules habituelles ne fonctionneront pas cette fois-ci, dans cette histoire-ci où l’amour sert de toile de fond à des besoins mythologiques plus profonds, essentiels et obstinément intimes. »
    Marc Lasuy, janvier 2016

    EXTRAIT :

    Vous ignorez tant de choses. De notre première rencontre, que vous a-t-il dit ?? Vous a-t-il dit la fièvre qui l’avait saisi, son acharnement à entrer dans ma vie ?? Il achetait mes livres, me guettait sur le net, se procurait ma photo, lisait ma biographie. Votre mari ne m’était rien. Je l’avais oublié. Effacé.

    Entretien avec Virginie Cady, issu du site Evène.fr

    Propos de Virginie Cady sur buzz-littéraire.com

    extrait de 30 pages
    extrait de 30 pages
    couverture
    couverture